Le private equity en un coup d'œil.
- Le private equity (capital-investissement) consiste à investir dans des entreprises non cotées en Bourse, directement ou, le plus souvent, via un fonds.
- Votre argent est bloqué longtemps, en général 8 à 10 ans. Il est difficile, voire impossible, de sortir avant.
- La performance passée a été supérieure aux marchés cotés sur longue période, mais elle n'est pas garantie. Une perte en capital est possible, et le rendement dépend beaucoup du gérant.
- Il se place en complément d'un patrimoine déjà diversifié, rarement au-delà de 5 à 10 % du patrimoine financier.
- Les tickets d'entrée vont de quelques centaines d'euros (ELTIF, unités de compte) à 100 000 € (FPCI).
Un investissement dans des entreprises qui ne s'échangent pas en Bourse.
Le private equity est un investissement dans des sociétés non cotées. Un fonds rassemble l'argent de plusieurs investisseurs, achète des parts dans des entreprises, les fait grandir pendant quelques années, puis les revend. L'objectif est de réaliser une plus-value à la revente.
Le mot "private" signifie que ces entreprises ne sont pas cotées. On ne peut donc pas acheter ou vendre ses parts en un clic, contrairement à une action ou à un ETF.
| Critère | Actions cotées | Private equity |
|---|---|---|
| Achat et vente | Tous les jours, en quelques secondes | À des dates précises, avec un blocage de plusieurs années |
| Prix | Affiché en continu | Estimé périodiquement par le gérant |
| Information | Publique et abondante | Limitée, transmise par le gérant |
| Ticket d'entrée | À partir de quelques euros | De quelques centaines à 100 000 € selon le véhicule |
| Risque de perte | Élevé, mais visible chaque jour | Élevé, avec un prix moins visible |
| Rémunération attendue | Primes de risque du marché | Prime d'illiquidité et de non-cotation (en théorie) |
Un cycle de vie en trois phases, sur 8 à 10 ans.
Un fonds classique vit 8 à 10 ans, parfois prolongé. Il passe par trois phases.
- La période d'investissement (années 1 à 4 ou 5) : le gérant sélectionne les entreprises. Il n'appelle pas tout votre argent d'un coup : il demande des versements au fil de l'eau, ce sont les "appels de fonds".
- La période de développement (années 3 à 8) : le gérant accompagne les entreprises : stratégie, recrutements, acquisitions, internationalisation.
- La période de sortie (années 5 à 10) : le gérant revend les participations (à un industriel, à un autre fonds, en Bourse). Le produit des ventes vous est redistribué au fur et à mesure.
Frise
Les trois phases se chevauchent sur la durée de vie du fonds
Durées indicatives : elles varient selon le fonds, sa stratégie et son millésime.
Concrètement, vous ne revoyez pas votre argent avant plusieurs années. Les distributions arrivent surtout dans la seconde moitié de la vie du fonds.
Ticket d'entrée indicatif : souvent à partir de 100 000 € pour un investissement direct via un FPCI, parfois moins via un FCPR grand public ou une unité de compte en assurance-vie (voir la section Véhicules plus bas).
Pourquoi la performance est négative les premières années.
C'est le point le plus souvent mal compris par les nouveaux investisseurs en private equity : le fonds n'appelle pas votre argent en une fois. Le graphique ci-dessous suit le flux net cumulé entre vos versements et ce que le fonds vous reverse : nul à la signature, il devient négatif au fil des appels de fonds, puis remonte au-dessus de 0 € une fois votre capital récupéré. Ce profil caractéristique dessine un J.
Flux net cumulé entre vos versements et les sommes reversées par le fonds. Survolez le graphique pour voir le détail année par année.
| Année | Ce qui se passe | Flux net cumulé |
|---|---|---|
| Aujourd'hui | Engagement signé, aucun euro encore décaissé | 0 € |
| Année 1 | 1er appel de fonds : 25 % du capital appelé | -25 000 € |
| Année 2 | 2e appel de fonds : 50 % du capital appelé | -50 000 € |
| Année 3 | Point bas : pic de décaissement, 70 % appelés, les premières sociétés prennent de la valeur | -70 000 € |
| Année 4 | Derniers appels de fonds, compensés par les toutes premières distributions | -65 000 € |
| Année 5 | Premières cessions significatives : le fonds commence à rembourser le capital | -35 000 € |
| Année 6 | Point mort : 100 % des sommes décaissées sont récupérées, le reste n'est que du gain | 0 € |
| Année 7 | Gain net cumulé | +35 000 € |
| Année 8 | Gain net cumulé | +68 000 € |
| Année 9 | Gain net cumulé | +88 000 € |
| Année 10 | Fin de vie du fonds : gain net final, soit environ 2,0x la mise | +100 000 € dans un scénario favorable |
Exemple purement illustratif, qui ne constitue pas une promesse. Un fonds peut aussi ne jamais repasser au-dessus de 0 €.
Ce qu'il faut retenir : tant que ce flux reste négatif, vous n'avez pas encore récupéré l'argent versé : c'est normal et attendu les premières années. À l'inverse, un fonds qui promet un remboursement rapide doit vous alerter.
Du capital-risque au capital-transmission.
- Capital-risque (venture) : on investit dans des jeunes entreprises innovantes, souvent pas encore rentables. Le potentiel de gain est élevé, la probabilité de perte aussi. Beaucoup de sociétés échouent, quelques-unes réussissent très fort.
- Capital-développement : on aide des entreprises déjà rentables à accélérer (nouveaux marchés, acquisitions). Le risque est moindre que le venture.
- Capital-transmission (buy-out, LBO) : on rachète une entreprise mature, souvent avec de la dette, pour l'améliorer puis la revendre. C'est le segment le plus important en France.
- Capital-retournement : on redresse des entreprises en difficulté. Le risque est élevé.
- Co-investissement et club deals : des investisseurs se regroupent pour entrer directement dans une société, souvent via une plateforme. Moins de frais en général, mais une seule société : le risque est concentré.
- Secondaire : on achète des parts d'un fonds déjà existant. La courbe en J est réduite car le fonds est déjà avancé.
Du FCPR grand public au FPCI réservé aux investisseurs avertis.
| Véhicule | Ticket habituel | Blocage | Pour qui |
|---|---|---|---|
| FCPR | À partir de quelques milliers d'euros, parfois moins | En général 6 à 10 ans | Particuliers, souvent clients avertis |
| FPCI | Souvent à partir de 100 000 € | 8 à 10 ans | Investisseurs avertis ou professionnels |
| ELTIF 2.0 | Pas de minimum réglementaire, fixé par chaque fonds | Variable (fonds fermé ou evergreen) | Particuliers, avec test d'adéquation MiFID II |
| Fonds "evergreen" (semi-liquides) | À partir de quelques milliers d'euros | Sorties par fenêtres, avec préavis et plafonds | Particuliers |
| Unité de compte (assurance-vie, PER) | À partir de quelques centaines d'euros | Liée au contrat et au fonds | Particuliers |
| Investissement direct (club deals) | Variable | Durée de la société | Investisseurs avertis |
- FCPR : cadre fiscal avantageux après 5 ans sous conditions.
- FPCI : plus de souplesse pour le gérant, moins de protection pour l'investisseur.
- ELTIF 2.0 : en vigueur depuis janvier 2024, au moins 55 % d'actifs éligibles.
- Fonds evergreen : la liquidité n'est jamais garantie, elle peut être suspendue ou limitée.
- Unité de compte : on garde l'enveloppe fiscale du contrat, mais l'offre est plus restreinte.
- Investissement direct : une seule société, risque très concentré.
Pour qui ? Les fonds de type FPCI sont réservés à des investisseurs dits "avertis" ou à un ticket élevé. Les FCPR, ELTIF et unités de compte sont accessibles à un public plus large, après évaluation de votre profil.
Une surperformance documentée, mais qui s'est resserrée.
Les études de référence en France viennent de France Invest et d'EY, publiées chaque année. Elles mesurent le TRI net (taux de rendement interne, après frais) des fonds français de capital-investissement, comparé aux marchés cotés.
Marchés privés contre marchés cotés
TRI net à 10 ans, private equity français contre indices actions
L'écart s'est resserré d'une édition à l'autre : +1,2 point en faveur du private equity dans la dernière étude, contre +3,5 points un an plus tôt. Données réelles, étude publiée chaque année par France Invest et EY. Source : France Invest / EY, juin 2026.
| Édition | TRI net à 10 ans | TRI net depuis l'origine | Comparaison indices cotés |
|---|---|---|---|
| 32ᵉ édition, juin 2026 (données à fin 2025) | 10,7 %/an | 10,8 %/an | 9,5 %/an (CAC 40 et MSCI Europe, dividendes réinvestis) |
| 31ᵉ édition, juillet 2025 (données à fin 2024) | 12,4 %/an | 11,3 %/an | 8,9 % (CAC 40), 8,3 % (CAC All Tradable) |
Le TRI net à 10 ans a reculé entre ces deux éditions (12,4 % puis 10,7 %), dans un contexte économique et financier plus complexe : le cycle se resserre, avec un TRI net de seulement 4,8 % à 3 ans, les millésimes récents étant encore largement non réalisés. Source : France Invest / EY, étude de performance, juin 2026, juillet 2025.
Comment lire ces chiffres
- Ce sont des moyennes. L'écart entre les meilleurs et les moins bons fonds est très large.
- Le TRI n'est pas comparable tel quel à une performance d'indice : il dépend du rythme des versements et des distributions.
- Les valorisations sont estimées par les gérants tant que les sociétés ne sont pas vendues.
- Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Un placement cher, et c'est normal.
Le private equity demande beaucoup de travail de sélection et d'accompagnement, ce qui justifie une structure de frais plus élevée que sur un fonds coté classique.
- Frais de souscription : 0 à 5 %, payés à l'entrée, parfois négociables via un conseiller.
- Frais de gestion annuels : environ 2 à 3 % par an, prélevés sur la durée de vie du fonds.
- Frais de fonctionnement : variable, pour le dépositaire, l'audit, le juridique.
- Commission de surperformance ("carried interest") : souvent environ 20 % des gains au-delà d'un seuil de rentabilité (hurdle), versée au gérant s'il réussit.
- Frais du contrat (assurance-vie ou PER) : selon le contrat, s'ajoutent si le fonds est logé en unité de compte.
À demander avant de signer : le total des frais sur toute la durée de vie du fonds, exprimé en euros pour un montant donné. Le document d'informations clés (DIC) doit le préciser.
Un capital bloqué, et jamais garanti.
- Perte en capital : elle peut être partielle ou totale, notamment sur le venture.
- Illiquidité : vous ne pouvez pas sortir quand vous le souhaitez. En cas de besoin imprévu (travaux, santé, perte d'emploi), vous n'avez pas accès à cet argent.
- Appels de fonds : vous devez avoir la trésorerie quand le gérant la demande. Certains fonds pénalisent les retards.
- Valorisation incertaine : le prix affiché est une estimation du gérant.
- Concentration : peu de sociétés dans un seul fonds, et parfois un seul gérant.
- Risque de gestion : la qualité de l'équipe fait la différence.
- Risque fiscal : les avantages dépendent de conditions à respecter dans la durée.
Un régime favorable sous conditions, pour les FCPR éligibles.
Les éléments ci-dessous viennent de sources secondaires (Ramify, FranceTransactions).
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Compte-titres / FPCI standard | PFU 12,8 % (31,4 % au total avec les PS) | 18,6 % |
| FCPR "fiscal" (≥5 ans) | Exonération sous conditions | 18,6 % dans tous les cas |
| Rachat avant 5 ans | Imposée comme une valeur mobilière classique | 18,6 % |
| FCPI / FIP classiques | Plus de réduction d'entrée depuis le 21 fév. 2026 | Non applicable |
| Unité de compte (AV, PER) | Fiscalité de l'enveloppe, voir assurance-vie et PER | |
Régimes spécifiques maintenus pour les FCPI-JEI, et pour certains FIP Corse et outre-mer (réduction de 30 %).
Conditions de l'exonération d'un FCPR (à contrôler)
- Conserver les parts au moins 5 ans à compter de la souscription.
- Réinvestir les sommes distribuées dans le fonds, avec cinq ans d'indisponibilité.
- Ne pas détenir plus de 25 % des droits dans les sociétés du fonds (seul ou avec la famille proche).
- Seules les nouvelles souscriptions ouvrent droit à l'avantage, pas un achat sur le marché secondaire.
Cas particuliers à voir avec nous : réduction IR-PME (18 % sous plafonds), report d'imposition type 150-0 B ter avec réinvestissement (60 % dans les 2 ans), impact sur l'IFI.
Cinq questions à se poser.
- 1. Qui est le gérant ? Ancienneté, historique sur plusieurs fonds (pas un seul), stabilité de l'équipe.
- 2. Quelle stratégie ? Secteur, taille des entreprises, géographie, venture ou transmission.
- 3. Quels frais, au total ? Demandez le coût sur toute la durée en euros.
- 4. Quelle durée et quelle liquidité ? Calendrier des appels de fonds, période de blocage, prorogations possibles.
- 5. Quelle diversification ? Nombre de participations, répartition dans le temps (plusieurs millésimes plutôt qu'un seul).
Un bon réflexe : répartir son investissement sur plusieurs fonds et plusieurs années, plutôt que tout placer sur un seul millésime.
Trois profils, trois réponses différentes.
Exemples fictifs, à adapter. Ils ne constituent pas un conseil.
Un dirigeant qui a vendu son entreprise
Deux fonds, deux millésimes
- Patrimoine important et trésorerie confortable.
- Consacre une part limitée (environ 5 % de son patrimoine financier).
- Répartie sur deux fonds de transmission, gérants et millésimes différents.
Un cadre de 45 ans
Tester par l'unité de compte
- Épargne régulière, pas de gros capital disponible.
- Commence par une unité de compte "private equity" de quelques milliers d'euros, dans son assurance-vie.
- Teste ainsi le principe sans gros ticket ni blocage du contrat.
Un cas où nous disons non
Retraite dans 5 ans
- Couple de 58 ans, 40 000 € d'épargne au total, retraite prévue dans 5 ans.
- Le private equity n'est pas adapté : l'argent serait bloqué trop longtemps.
- Conseil : sécuriser d'abord l'épargne de précaution et la retraite.
Ce qu'on voit le plus souvent.
- Y mettre une part trop importante de son patrimoine.
- Ignorer la courbe en J et paniquer en année 3.
- Choisir un fonds pour son avantage fiscal plutôt que pour sa qualité.
- Ne pas anticiper les appels de fonds.
- Tout investir sur un seul millésime ou un seul gérant.
- Confondre un fonds "evergreen" avec un placement liquide.
- Comparer le TRI d'un fonds au rendement d'un ETF sans comprendre la différence de calcul.
Les questions qu'on nous pose souvent.
Cela dépend du véhicule : quelques centaines d'euros en unité de compte, quelques milliers d'euros pour certains FCPR et ELTIF, souvent 100 000 € pour un FPCI.
Rarement. Un fonds fermé bloque votre argent pendant sa durée de vie. Les fonds "evergreen" offrent des sorties encadrées (préavis, plafonds), mais sans garantie.
Il n'existe aucune garantie. Les études sectorielles montrent une performance moyenne supérieure aux marchés cotés sur longue période, mais avec des écarts très importants entre fonds, et un TRI net à 10 ans qui s'est resserré de 12,4 % à 10,7 % entre les deux dernières éditions de l'étude France Invest / EY. Voir la section Performance plus haut.
Le FCPR s'adresse au grand public, avec des règles de protection de l'investisseur. Le FPCI est destiné aux investisseurs avertis, avec plus de souplesse. L'ELTIF est un cadre européen qui élargit l'accès aux particuliers, avec un test d'adéquation.
Il n'y a pas de règle unique. Une fourchette fréquemment citée est de 5 à 10 % du patrimoine financier pour un investisseur adapté. Cela dépend de votre situation. Nous en discutons lors d'un rendez-vous.
Parfois, mais l'avantage fiscal ne doit jamais être la raison principale. Certaines réductions à l'entrée (FCPI et FIP classiques) ont été supprimées pour les versements à partir du 21 février 2026. L'exonération de FCPR après 5 ans demande des conditions précises.
Les actifs du fonds sont conservés par un dépositaire indépendant et ne font pas partie du patrimoine de la société de gestion. Le risque principal reste la performance des participations.
D'autres supports à connaître.
Le private equity se combine souvent avec d'autres classes d'actifs non cotées, et avec les enveloppes qui permettent de le loger.